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Rue de Montigny

 

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Orientation bibliographique sur ce sujet

Monographie des rues de Charleroi : Histoire locale / Everard, Jean. Charleroi : Imprimerie Collins, 1959. 223 p.
Charnoy-village à Charleroi-métropole (De) / Hasquin, René-Pierre. Bruxelles : Labor, 1969. 382 p.
Charleroi d'hier et d'aujourd'hui / Mac Kay, Philippe. Charleroi : Nouvelle Gazette, 1996. [sans collation]
Charleroi, ville d'architectures : Du temps des forteresses aux années folles, 1666 - 1940 / Pouleur, Jean-Alexandre / Bioul, Anne-Catherine / Dauchot, Alain. Charleroi : Espace Environnement 1992. 112 p.

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Localisation


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Histoire du lieu...

Entrée de la rue de Montigny, au pied de la rue de la Montagne (détail carte postale ancienne, édition E&B)

La rue de Montigny est l’une des plus anciennes de Charleroi ; une section existait déjà du temps de Charnoy, avant la construction de la forteresse en 1666. Ce nom lui fut donné par les autorités communales le 30 juin 1860. Du temps de la forteresse hollandaise, la rue permettait d’accéder à la Porte de Montigny, d’où continuait un chemin jusque Montignies-sur-Sambre. Cette porte se situait aux environs du croisement des rues de Montigny et du Pont-Neuf.

La rue de Montigny se compose de deux parties, la plus ancienne reliant le pied de la rue de la Montagne à la rue du Pont-Neuf. Elle se bâtit plus ou moins en même temps que la Ville-Haute, même si elle n’a pas la préférence des carolorégiens pour s’y établir : le ruisseau du Spignia se jetait dans la Sambre à proximité, rendant les terrains marécageux ; construire sur ces terrains était plus difficile et donc plus coûteux. A cette époque, l’artère est coincée entre les fortifications de la Ville-Haute et le cours naturel de la Sambre. A la moitié du XVIIIème siècle, on y trouve quatre brasseries et distilleries, une raffinerie de sel et une fabrique de tabac.

Plus ou moins entre les terrains occupés aujourd’hui par la « Galerie Bernard » et « Galeria Inno » se trouvaient les jardins du Gouverneur de la forteresse ; des jets d’eaux animaient les lieux, but de promenade des habitants de la forteresse. Un peu plus loin encore le Charbonnage du Mambourg disposait vers 1790 d’un rivage en bord de Sambre pour y embarquer le charbon.

Sur les jardins du Gouverneur est érigé par la suite l’Hôtel des Pays-Bas ; c’était également le lieu d’embarquement des voyageurs et de changement de chevaux pour la diligence de la messagerie Van Gent. Cette diligence disparaît peu après la mise en service d’une halte ferroviaire à Charleroi. Le site avait notamment servi d’hôpital militaire au lendemain de Waterloo. Des centaines de militaires y furent soignés par le chirurgien Fromont.

Ancienne Eglise des Jésuites (détail carte postale ancienne, édition Desaix)

En 1853, des Carmélites de Tournai sont autorisées à s’installer à Charleroi. Les religieuses finissent par s’établir en 1854 dans une maison louée rue de Montigny ; le bâtiment n’est pas le plus adapté à la vie religieuse, mais Charleroi manque de logements. Les Sœurs acquièrent et transforment en 1857 deux bâtiments voisins, notamment l’ancien Hôtel des Pays-Bas. Elles sont également autorisées peu de temps après à ériger un véritable Carmel ; la première pierre des extensions est posée le 5 juin 1861. Cette pierre de fondation est aujourd’hui toujours visible dans la cour arrière d’un magasin de la rue de Montigny ; ce Carmel se situait sur les terrains des actuels numéros 13 à 21. Le bâtiment est cependant rapidement victime de dégâts miniers ; les Sœurs n’ont pas le temps d’entreprendre les réparations, qu’elles doivent quitter les lieux. Le propriétaire officiel des bâtiments, qui les mettaient à disposition des religieuses, est compromis dans une faillite. Le Carmel est saisi, et mis en vente en 1886. Le nouveau propriétaire souhaitant prendre possession de son bien, les religieuses se doivent de trouver un autre lieu où se fixer. C’est finalement dans le centre de Mont-sur-Marchienne que les Carmélites vont s’établir ; elles y bâtiront un magnifique Carmel, aujourd’hui devenu Musée de la Photographie.

L’ancien Carmel de Charleroi est aujourd’hui en grande partie démoli, mais des annexes intégrées dans d’autres constructions subsistent toujours. Après le départ des religieuses en juin 1886, les travaux de transformation débutent rapidement. Fin 1886, plusieurs squelettes sont mis à jour lors de travaux de terrassement ; le passé du lieu, ayant servi comme hôpital militaire en 1815, laisse penser que bon nombre de militaires n’ayant pas survécu à leurs blessures auraient pu avoir été inhumés à proximité de l’hôpital…

Vers 1875, la rue de Montigny est le lieu de résidence de bon nombre d’avocats et de juges ; la rue de Montigny se borde de belles maisons de maître. Son amorce au pied de la Montagne est le lieu d’implantation de plusieurs « grands magasins » : le « Dôme des Halles » succède au magasin « A la Ville de Verviers » ; sur le coin formé par les rues du Pont de Sambre et de Montigny s’implante « A La Vierge Noire ». « L’Innovation » s’installe rue du Pont de Sambre en 1901 ; son succès va mener l’enseigne à s’agrandir à plusieurs reprises, annexant plusieurs bâtiments de la rue de Montigny. 

Cloche de l'ancienne église des Jésuites

En 1875, des Jésuites s’installent à Charleroi pour y répandre le culte du Sacré-Cœur. Ils s’installent dans une demeure située rue de Montigny et une chapelle y est ouverte au public le 1er octobre 1875. Les Pères ne vont pas tarder cependant à faire ériger un lieu de culte plus grand, un peu plus loin dans la rue. L’Eglise des Jésuites est bénie le 7 décembre 1877 ; cet édifice, aujourd’hui disparu, était la reproduction fidèle de la Chapelle du Monastère de la Visitation, située à Paray-le-Monial en France, lieu d’apparition du Sacré-Cœur à une fidèle. Il n’était alors pas encore question d’établir un Collège à Charleroi, mais les Jésuites allaient être amenés à reprendre et à s’occuper d’un autre Collège, situé rue du Gazomètre. En 1880, les Jésuites font bâtir de nouveaux locaux destinés à abriter le Collège sur un terrain allant de la rue de Montigny à un boulevard nouvellement tracé qui prendra plus tard le nouveau du bourgmestre Audent. En 1886, une grotte de Notre-Dame de Lourdes est érigée à proximité de l’église des Jésuites. L’Eglise devenue trop petite est agrandie en 1901. En 1975, l’ancienne chapelle est remplacée par une construction plus moderne ; la cloche de l’ancienne église est déposée face à l’entrée du nouveau lieu de culte.

A côté de l'église du Sacré-Coeur se situe depuis 1976 le pôle de cinéma d’art et d'essai de la région, le cinéma « Le Parc », à l'unique salle de 227 sièges. Cette salle est la dernière salle dédiée au septième art dans le centre-ville, jusqu'à l'inauguration fin 2015 du centre de cinéma, d'art et de jeu vidéo « Quai10 », géré par l'asbl « Ciné Le Parc » et situé Quai de Brabant.

C’est également rue de Montigny que Julien Dulait fabrique se première dynamo. Revenu de Liège avec son diplôme d’ingénieur en poche, Dulait installe un atelier face à la rue Prunieau. Il se lance dans la construction de moteurs hydrauliques avec l'aide de deux ouvriers d'élite ; les activités se multiplient, et l’entreprise de Dulait gagne en renommée. Zénobe Gramme lui rend visite en 1880, le roi Léopold II lui demande d’étudier l'éclairage des serres de Laeken, Dulait installe les premiers pylônes d’éclairage de Charleroi face à la Gare de Charleroi-Sud,… En 1888, il fonde la société anonyme « Electricité et Hydraulique », et fait ériger route de Philippeville à Marcinelle un atelier pour la nouvelle entreprise. En 1904, « Electricité et Hydraulique » intègre une nouvelle structure industrielle grâce aux capitaux d'Edouard Empain : les « Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi » sont nés. 

Entrée de la Galerie Bernard

Durant la première guerre mondiale, la maison dans laquelle les Jésuites s’étaient établis en 1875 devient un théâtre, « Le Concordia ». C’est dans cette salle que furent jugés au lendemain de la seconde guerre mondiale les responsables de la Tuerie de Courcelles. Les locaux du Palais de Justice et de l’Université du Travail ne suffisaient pas à l’accueil des 80 inculpés, des témoins, avocats,… Le Tribunal militaire qui s’était installé au « Concordia » condamna à mort 27 personnes, qui furent exécutées dans la cour de l’ancienne gendarmerie (actuel Hôtel de Police) le 10 novembre 1947.

En 1948, le boulevard Tirou est inauguré sur l'ancien lit de la Sambre. Le long du boulevard s'érigent de hauts immeubles à appartements ; l'artère devient fortement commerçante au préjudice notamment de la rue de Montigny qui perd en fréquentation. L’urbanisation et la création de ce boulevard fait disparaître un coin de Charleroi resté jusqu’alors bucolique ; les jardins des maisons de la rue de Montigny s’étendaient alors jusqu’à la rive gauche de la Sambre. La rue de Montigny vit depuis quelque peu dans l’ombre du boulevard voisin.

L’homme d’affaires et directeur du Théâtre des Variétés Gustave Bernard a l'idée de relier le nouveau boulevard et la rue de Montigny par une galerie commerçante couverte, bordée de chaque côté par des cellules commerciales avec étage. Bernard décède cependant en 1950 et ne verra jamais son projet se réaliser. Ses héritiers décident néanmoins de poursuivre le projet : le passage est construit, et prend tout naturellement le nom de « Galerie Bernard ».

Dans les années 50, les magasins de l’ « Innovation » s’agrandissent, et les vitrines s’étalent du boulevard Tirou à la rue de Montigny ; à sa réouverture, l’Inno de Charleroi est le plus grand magasin du Hainaut. Un parking est érigé de l’autre côté de la rue de Montigny dans les années 70, relié à l’Inno par une passerelle surplombant la rue. Les quais de livraison de l’Inno se situent dorénavant rue du Palais.

Le 12 octobre 1961, « Delhaize Le Lion » ouvre son premier supermarché de Charleroi, également premier du Hainaut. L'entrée principale se situe sur le boulevard Tirou, mais le magasin s'étend à l'arrière jusqu'à la rue de Montigny. Répondant aux nouveaux besoins de la clientèle, le magasin dispose d'emplacements de parkings accessibles par l'entrée arrière située rue de Montigny.

Rue de Montigny, vers la Montagne

La deuxième partie de la rue de Montigny, plus récente, relie le Pont-Neuf au quartier de Bosquetville et à Montignies-sur-Sambre. Cette section de la rue remonte à 1842 ; le tracé est alors rectifié pour correspondre au tracé actuel. Elle commence à se bâtir vers 1850. Vers 1859, un parc est aménagé par des officiers de la garnison en dehors de la forteresse, aidés financièrement par des bourgeois de la ville. De belle allure, l’endroit va prendre le nom de Bosquetville, et donner sa dénomination au quartier. Le parc ne va cependant pas survivre longtemps à l’urbanisation des environs : en 1878, l’abattoir de Charleroi est érigé sur une partie du domaine. Cette infrastructure subsistera jusqu’en 1958, année de sa démolition. Si le lieu générait une certaine activité dans le quartier, il était également source de nombreuses nuisances… L’emplacement des anciens abattoirs est aujourd’hui occupé par l’école de Bosquetville, ainsi que par la piscine Hélios. Un nouvel abattoir est érigé sur l’emplacement des verreries Jonet, à Charleroi-Nord, à la limite avec Lodelinsart.

Le centre Hélios comprenait à l’origine la piscine olympique et une crèche, devenue plus tard un immeuble de bureaux. L’ensemble ainsi que son intégration à proximité immédiate du ring fut pensé en 1976 par l’architecte Jean Yernaux.

Presqu’en face se situe le « Théâtre de l’Ancre », fondé en 1967. Après avoir voyagé de salle en salle, le théâtre finit par se fixer dans le bâtiment qu’il occupe toujours aujourd’hui au début des années 80.

Plus loin encore, à la limite avec Montignies-sur-Sambre, se situait le rivage des Charbonnages du Mambourg, Sacré-Madame et Poirier Réunis.

A noter que le nom de la rue est bien Montigny, l’orthographe actuelle de la commune voisine étant Montignies.




A travers le temps...
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Charleroi, 1696

Localisation sur le plan en relief de Charleroi - Musée des Plans-Reliefs, dépôt au Palais des Beaux-Arts de Lille.

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Charleroi, 1769

Localisation sur la carte de Ferraris - Bibliothèque royale de Belgique ©.

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Charleroi, environs de 1850

Localisation sur le plan cadastral "Popp", dressé entre 1842 et 1879 par Philippe-Christian Popp - Bibliothèque royale de Belgique ©.

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Charleroi, 1930

Localisation sur un plan édité pour le centenaire de la Belgique, publié dans l'ouvrage Charleroi : Guide illustré (Le grand centre industriel belge) / Comité officiel d'initiative - Charleroi. Edition : Delacre, 1930.

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Charleroi, aujourd'hui

Localisation sur un plan actuel (OpenStreetMap) - Données cartographiques © les contributeurs d’OpenStreetMap, CC BY-SA.


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